28/12/2006
Journal de bord
Ecrit par laurenceau | 16h12 | Catégorie : Principal
Lundi 13 novembre : retour...
Nous sommes arrivés hier après midi à Toussus. Nous pensions arriver samedi midi, mais la MTO en a décidé autrement, le Morvan a fait rempart à notre passage, tout nous incitait à reprendre le cap vers le Sud...
Nous sommes quand même rentrés, car il faut savoir rentrer ...
Ce matin quand le réveil a sonné, nous nous sommes dit que nous avions fait un beau rêve, il est encore difficile de réaliser tout ce que nous avons vu, ressenti, vécu. Mais ce n'est pas un rêve, nous avons vécu une aventure exceptionnelle, une rencontre unique avec l'Afrique et les africains.
Le quotidien va se charger trop rapidement de nous remettre les pieds sur terre. Nous allons toutefois essayer de préserver un certain esprit, celui du partage, de la simplicité, de l'authentique, de la relativité, de l'Afrique.
Nous sommes de retour, mais tout commence maintenant, il y a tant à faire, avec modestie. Et nous pouvons faire beaucoup de Paris. Nous allons donc poursuivre la démarche, des idées sont déjà lancées, des contacts tissés. Nous espérons vous en dire plus bientôt.
Merci à nos partenaires de nous avoir permis de vivre ces moments exceptionnels.
Merci à nos familles et amis de nous avoir soutenu.
Dimanche 12 novembre : Beaune – Toussus
Décollage vers 11h00, la météo s’annonce plus clémente.
Nous slalomerons quelques temps entre nuages et reliefs avant de découvrir les plaines annonciatrices de l’Ile de France.
Arrivée à Toussus vers 14h00.
La famille est là, apparemment rassurée de nous revoir.
Moment émouvant, mêlé de joie des retrouvailles, de mélancolie du retour, de sentiment d’abandon de notre principal compagnon, PH-JFP, bel oiseau blanc, difficile à laisser derrière nous sur le tarmac après avoir partagé une si belle aventure.
Samedi 11 novembre : Perpignan – Chalon s/Saône – Beaune
Décollage vers 9h00 zoulou, la séparation est difficile, chargée de symboles.
La météo ne s’annonce pas excellente vers le Nord-Ouest, il ne fait pas traîner.
Nos amis nantais arriveront en début d’après midi en IFR. Découvrez les en images et son sur : www.humanit-air.fr
Pour les spécialistes du vol à vue que nous sommes, ce sera moins évident, arrivés à Vichy, le temps se gâte, le plafond baisse, le relief monte, nous nous déroutons vers Chalon où nous nous posons. Nouveau point météo, nous tentons un passage vain par le sud du Morvan, tout nous incite à remettre le cap vers le Sud… nous nous poserons finalement à Beaune où nous passerons la nuit. Un moment privilégié pour nous retrouver tous les deux avec Thierry avant de regagner Paris.
Une pensée particulière pour l’association des Bouchons d’Amour, marraine de cette étape.
Vendredi 10 novembre : Nador – Perpignan
Décollage de bonne heure. Nous avons un autostoppeur : Jean-Pierre, qui a cédé sa place à Yann qui accompagne Bibiche et Antoine pour le transit de l’Espagne en anglais. Contrairement à tous les autres, nous choisissons une traversée par les terres, loin des zones de Barcelone et Valencia. Du coup, le transit nous parait d’une facilité déconcertante, oubliés des contrôleurs trop occupés par nos amis qui galèrent entre Almeria et la côte.
Arrivée à Perpignan, nous croisons certains équipages qui repartent aussitôt les réservoirs remplis pour regagner leurs bases respectives : Lille, Valence, …
Nous avons décidé de faire escale avec NB, une dernière soirée avant de rentrer sur Nantes et Paris.
Dégustation de la dernière bouteille d’épine de Papy, un rite initiatique du Loir & cher auquel se sont pliés volontiers les nantais, bien qu’un peu soucieux des effets secondaires non déclarés…
Une pensée particulière pour l’association Challenge Hauts-de-Seine, marraine de cette étape.
Jeudi 9 novembre : Taroudant – Nador
Dans Air Solidarité, il y a SOLIDARITE, et elle doit commencer entre pilotes. Alors c’est naturellement que nous sommes repartis en patrouille avec nos amis nantais vers notre prochaine destination, Nador. Pas seulement pour le plaisir de nos patrouilles, mais aussi car ils étaient un peu short fuel et pour reprendre la citation d’un pilote qui m’est cher, « quand on n’a pas de pétrole, on n’a moins d’idées » alors on ne prend aucun risque, nous restons ensemble pour s’entraider en cas de déroutement.
Nous survolons l’Atlas par sa face Ouest cette fois, un formidable spectacle haut en couleurs entre neiges éternelles, roches rouges intermédiaires puis prairies d’un vert éclatant.
Retour à Nador là où tout a commencé de ce côté de la Méditerranée.
Dernier dîner entre pilotes avant l’éclatement. Témoignages chargés d’émotions.
Une pensée particulière pour les Assurances Verspieren et Shell, parrain de cette étape.
Mercredi 8 novembre :
Survol et passage à Cap Juby en patrouille avec NB. Nos roues sont attirées au sol, le petit Prince est quelque part ici, j’aimerai qu’il m’apprivoise, moi aussi.
Survol côtier au dessus des épaves des navires échoués, sous les falaises d’étrange ressemblance avec celles d’Etretat. La mer est de nuances de bleus indéfinissables, bordée par le désert. Entre Ciel et Terre, Sable et Mer, nous savourons les éléments, le moment.
Arrivée à Taroudant, Jacques et Thierry B. viennent de s’engager dans une valse vertigineuse au dessus de nos têtes émerveillées. A leur retour, changement de cavalière, Jacques m’invite à le rejoindre. Quel grand privilège que celui de voler avec lui. Un grand moment, une voltige pure, fluide, nous pénétrons, glissons dans l’air avec une grâce qu’ont perdu les pilotes de voltige actuels. Merci Jacques pour cet instant magique !
Découverte de la ville fortifiée de Taroudant, toujours en compagnie de l’équipage de NB et de Vicky. Visite du souk, achat des derniers présents pour ceux qui nous attendent, là bas.
Dernière causerie sur décor africain.
Une pensée particulière pour le cabinet Jivaro, parrain de cette étape.
Mardi 7 novembre :
La journée devait être marquée par un vol mythique, mais comme me l’a dit un grand pilote, les choses mythiques sont parfois inaccessibles. Notre vol à Cap Juby dans le sillage de Saint Exupéry est annulé pour cause de vent fort… Air Solidarité avait obtenu l’autorisation exceptionnelle de nous poser sur ce terrain fermé habituellement exception faite pour le raid Toulouse – St Louis du Sénégal organisé chaque année en octobre.
Nous avons donc profité de cette journée off pour faire la visite des 50h sur notre avion. Un moment privilégié avec Antoine que l’on remercie encore pour sa compétence, sa disponibilité et ses qualités pédagogiques (surtout avec moi, Fabienne).
Puis nous sommes partis à la découverte de la ville en compagnie de l’équipage de NB et de Vicky, la seule pilote anglaise à braver l’humour gaulois.
Deux jeunes guides s’imposent rapidement à nous, Mohamed et son copain, environ 9 ans, rejoints par Myriam, sœur du premier.
Visite du marché, du souk, nouvelle partie de baby foot avec les gamins, achat épique des djellabas, thé à la menthe « pour insomniaques », … ponctuent cette belle journée.
Dernière causerie sur les toits de la ville avec Thierry et Jean-Marc, on est déjà mercredi.
Lundi 6 novembre : Kayes – Atar –
Réveil ensommeillé, couchés tôt, levés tôt, la journée s’annonce longue, nous partons du Mali pour rejoindre
La patrouille se reforme, nous tardons encore un peu à nous retrouver au dessus du massif de l’Assaba, nous entendons les copains pilotes annoncer à la radio voir LE train, survoler la voie ferrée qui va jusqu’à Zouerate et sur laquelle circulent les « plus longs trains du monde », jusqu’à
Les paysages sont superbes, d’abord des plateaux rocheux, puis le désert de Mauritanie, orangé puis beige… nous arrivons à Atar, pas les derniers cette fois, mais mieux vaut Atar que jamais !
Le comité d’accueil est restreint, Bibiche nous invite à refueler rapidement et partir dès que possible. Nous comprendrons après coup qu’Yvon nous avait encore tiré des méandres administratifs locaux…
Arrivée à
Causerie au clair de lune, sur la terrasse de l’hôtel, de la ville, avec Jacques et Jean-Marc, moment passionnant entre passionnés.
Une pensée particulière pour Fujitsu Siemens Computer SAS, parrain de cette étape.
Dimanche 5 novembre : Bamako – Kayes
Dimanche à Bamako, c’est jour de mariage… et la mariée était au RDV, pour les photos de son plus beau jour, au bord du Niger. Nous avons un peu traîné ce matin, le vol jusqu’à Kayes s’annonce assez court, près de 240 Nm seulement, notre nav est prête.
Nous avons décidé de partir en patrouille avec l’équipage nantais de « NB ». Jean-Marc, Jérôme et Yann ont pris le relais de Cécile, Catherine et Florent, en partance ce jour de Ouaga pour Nantes. Pensée pour eux.
En hommage à la mère de Jean-Marc, nous décidons d’un vol via le fleuve Sénégal. Un superbe vol en patrouille dans le lit du fleuve, la descente des cascades, une faune luxuriante, des reliefs en forme de pains de sucre, un superbe vol…
Arrivée à Kayes, autre ville importante du Mali, très pauvre. La plupart des sans papiers de France sont originaires d’ici. Nous nous attendons à pouvoir bivouaquer, au moins dans les jardins de l’hôtel, quelle surprise fut celle d’arriver dans cet hôtel d’un luxe insolent. Comme arrivé de nulle part, posé ici, à peine fini, les tables de chevet bourrées de boutons qui ne servent à rien, des marches de tailles diverses mais recouvertes d’un tapis trop épais, trop chaud, trop…
Seconde soirée surréaliste au Mali, dernière soirée pour consommer nos Francs CFA, bière, whisky, convivialité entre goélands désireux d’aller ailleurs…
Une pensée particulière pour HM-Telecom & Kortex, parrains de cette étape.
Samedi 4 novembre : Ouagadougou – Bamako
Quitter Ouaga, c’est déjà quitter l’Afrique, se rapprocher peu à peu de notre retour en France, aussi avons-nous décidé de nous faire plaisir, de savourer chaque instant ici et là. Alors pourquoi voler en ligne droite alors qu’entre Ouaga et Bamako, au cap 300, il y a le pays Dogon et la main de Fatma… cité des populations les plus anciennes de l’Afrique noire, riche et mystérieuse par ses mythes et rites, un détour d’1h30 justifié pour nous fabriquer un peu plus de souvenirs en images et sensations ! Vol entre les doigts de Fatma, sous vol et survol des falaises de Bandiagara, des villages typiques de ces plateaux…
C’est seuls que nous nous sommes rendus là-bas, quel plaisir !
Yvon nous a juste demandé de prendre contact avec Mopti pour annoncer au contrôleur notre retour et faire relayer l’info à notre directeur de vols ange gardien.
Arrivée à Mopti, le désert fait place à des étendues vertes gorgées des eaux du Niger et du Bani, les couleurs nous éclatent aux yeux. Survol du Niger, de ses habitants des rivages, arrivée à Bamako.
Pensée pour Alain, un ami originaire d’ici.
Soirée décalée, nous nous retrouvons dans un hôtel au bord du fleuve Niger, infesté de touristes en mal de Flag, nous sommes déphasés, nous venons à peine de quitter la brousse, la fête de la bière nous laisse un mauvais goût de cette « civilisation », de ces autres qui nous entourent et parmi lesquels nous avons peine à retrouver nos marques.
Une pensée particulière pour Béatrice, Marie-Paule, Alain, Christian et Patrick’s, parrains de cette étape.
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